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Diviser, pour mal régner | Démocrates Amérique du Nord
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Diviser, pour mal régner

Dimanche 22 Janvier 2012. Le Bourget. Devant des milliers de militants de gauche, et sans doute un certain nombre de téléspectateurs… François Hollande. L’homme du changement, de l’espoir pour le redressement de la France. Et là, c’est le drame :

« Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. »

Pardon ? Vous êtes sur de vouloir vous engager dans cette voie ? Les méchants et les gentils ? Vraiment ???? Le secteur financier, qui regroupe les banques, assurances et autres sociétés financières, qui pèse près de 180 milliards d’euros (4.9% du PIB de la France) et emploie plus de 730,000 personnes en France ?

730,000 personnes sans nom, et sans visage… 

Ce qu’a dit François Hollande est tout simplement une extension de la tactique préférée de Nicolas Sarkozy : diviser, pour mal régner.

Fustiger de cette manière un secteur entier de l’économie, diaboliser les méchants (les riches financiers) en revendiquant protéger les gentils (le « segment » si convoité de la classe populaire), est inacceptable, hautement démagogique et tout bonnement méprisable.

Ne voit-il pas que c’est exactement ce qui rend les choses si difficiles pour la France? Le redressement de la Francepassera par notre capacité à réussir dans tous les secteurs de l’économie, ensemble. Certains disent “when we act together, there is nothing the United States of America can’t achieve”. D’autres expliquent que “un pays uni, rien ne lui résiste”.

Mais Mr. Hollande, fort de la vague d’antisarkozysme sur laquelle il tente de surfer maladroitement, se prend tellement au jeu qu’il va même jusqu’à diviser un peu plus, mais en essayant de le faire dans l’autre sens. Le contrepied. Le 21 Avril a l’envers… L’endroit, l’envers… Que ceux qui en ont marre de cette rhétorique lèvent la main ! (vous les voyez mes deux bras levés ?)

Les entreprises et les particuliers ont besoin d’organismes financiers pour leurs investissements et leurs projets. Et les marchés ont besoin des succès industriels pour se développer et par la même augmenter la capitalisation des entreprises facilitant ainsi leur financement.  

Bien sur il y a eu de grandes dérives dans « la finance », mais pensez-vous raisonnablement que cette vulgarisation soit la solution?  Certes les entreprises sont parfois amenées à prendre des décisions à court terme pour satisfaire des stratégies plus financières qu’industrielles, et c’est effectivement un biais qui doit être corrigé. Certes une utilisation outrancière de certains outils financiers a déclenché une crise économique qui s’est propagée depuis les Etats-Unis. Et certes, les emprunts gigantesques des banques françaises auprès de la BCE (avec un pic de 215 milliards d’euros en décembre 2008) n’ont pas été réinjectés dans l’économie française comme ils auraient du l’être. Mais ça n’est pas en montrant du doigt l’ensemble du troupeau que l’on se débarrassera  des brebis galeuses. Il faut simplement trouver le bon berger.

Lundi 23 Janvier 2012. Brest. François Bayrou, l’homme de l’union :

« J’ai un désaccord de fond avec François Hollande: moi, mon ennemi, c’est le chômage, avec, derrière lui, le pouvoir d’achat des Français et la lutte contre la dette de notre pays, que j’ai été le premier à dénoncer. Pointer la finance, c’est facile, c’est laisser entendre que nos difficultés proviennent d’un responsable un peu lointain, difficile à cerner. Je pense, pour ma part, que nos difficultés proviennent d’abord des erreurs que nous avons faites. Il faut recommencer à produire en France où on a laissé se défaire le tissu des PME et TPE.»

En plus de cette vision, le choc de l’élection de François Bayrou bouleversera en profondeur les rapports de force dans le monde politique.

Plus je lis ce qui s’y passe, plus je me dis que ce choc sera plus qu’une nécessité, un véritable salut pour la France.

Olivier

 

2 Commentaires

Assimiler la critique du pouvoir de la finance avec le mépris de 730 000 personnes qui y ont un emploi … c’est une assimilation grotesque.

Merci de vous être exprimé aussi clairement, vous ne toucherez pas au vrai conflit de pouvoir de notre société.

Merci de cette franchise, elle permet de faire des choix politiques éclairés et c’est sain. Je n’aurai pas à hésiter : je ne revoterai pas Bayrou à cette présidentielle.

Par Gillet, le 31 janvier, 2012
 

Merci de votre commentaire Mr Gillet. Je me permets de reprendre votre propos

« assimiler la critique du pouvoir de la finance avec le mépris de 730 000 personnes qui y ont un emploi  »

Il faut rester exact: ce qu’a dit François Hollande dénonçait le monde de la finance dans son ensemble, et donc je ne pense pas qu’y assimiler les gens qui y travaillent soit si grotesque. S’il y a bien quelque chose de grotesque, c’est une telle déclaration imprécise et démagogique, et c’est bien sur cela que j’ai essayé de réagir. Il tente de faire du « monde de la finance » un bouc émissaire, et je persiste à penser que notre pays n’a pas besoin de davantage de division, et encore moins d’hommes politiques pour les attiser. J’espère que vous prendrez le temps de relire mon paragraphe sur les dérives de la finance dans ce même article. Il y a bien entendu des excès qui devraient être régulés voire condamnés.

Je suis heureux de constater le potentiel impact de ce que nous écrivons sur vos intentions de vote, mais le lien entre cet article et votre décision de ne pas revoter Bayrou à cette présidentielle ne me parait pas très clair…
Olivier

Par Olivier Nataf, le 31 janvier, 2012